Z, Performance chorale pour jeunesse en mouvement

De Souleymane Diamanka et Fafiole Palassio en collaboration avec Le Petit Théâtre de Pain.

Mise en scène Fafiole Palassio et Hélène Hervé.
Création mai 2020

  • Ce manifeste poétique de la jeunesse, porté par une vingtaine de collégiens et lycéens dans l’espace public, devait voir le jour au Mai du Théâtre d’Hendaye en mai 2020 et poursuivre sa route jusqu’à l’été, au programme de plusieurs festivals de notre territoire. Le confinement a surgi en pleines répétitions et les représentations ont été annulées, fauchant en plein vol les perspectives de cette formidable aventure humaine et artistique.

    Battre le fer tant qu’il est chaud, voilà ce que nous nous sommes immédiatement formulé. Ne pas baisser les bras après ces semaines passées ensemble en immersion avec les jeunes dans leurs établissements. Chercher autre chose. Ainsi, avons-nous poursuivi les répétitions de notre poème fleuve, issu du collectage de leurs paroles, via les salles de conférences virtuelles. La motivation des jeunes acteurs et celle de leurs parents furent un cadeau et une stimulation peu commune.

    “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” dit la citation scientifique. De même notre projet a muté et s’est décliné en deux objets artistiques : un journal de création retraçant la rencontre et le cheminement passionnant et rocambolesque de ce projet jusqu’à son aboutissement, et la réalisation du clip “Z”.

    Une projection publique du clip était organisée en novembre 2020 au cinéma de l’Atalante à Bayonne. Le second confinement nous empêche encore de clôturer le projet… à suivre !

    Calendrier de diffusion initial annulé

    # 17/05 HENDAYE (64), Festival Mai du Théâtre, ville d’Hendaye
    # 05/06 ST JEAN DE LUZ (64), Cité scolaire Chantaco
    # 06/06 ESPELETTE (64), Festival Jokoz Kanpo, Pinpulka
    # 12/06 St JEAN PIED DE PORT, Collège La Citadelle
    # 13/06 St JEAN LE VIEUX, Ttutt ! clôture de saison Hameka – CAPB

    Projection reportée

    # 15/11 BAYONNE, cinéma L’Atalante

  • Ils sont 12.
    De milieux et de parcours différents.
    Ils ont saisi leurs divergences de points de vue et leur communauté de pensées.
    Ils ont écouté la réalité de l’autre.
    Ils se sont offert les mots comme moyen de transport.
    Comme moyen de faire corps.
    Parce que l’actualité le souffle.

    Pour cette création partagée pour et par la jeunesse, Souleymane Diamanka et Le Petit Théâtre de Pain ont écrit, à partir du collectage de leurs paroles, une partition parlée/rythmée, chorale et physique, comme un élan, un unisson. Comme on viendrait porter dans la rue un chant commun, un cri salutaire, un coup de gueule qui ait du flow, le poème fleuve et vivifiant d’une génération au bout du bout de l’alphabet. La génération « Z ».

     

  • À la fois soucieux d’être en prise directe avec notre matière d’étude et fortement attachés à notre territoire, nous avions la volonté d’inscrire une création partagée avec, pour et par la jeunesse chez nous, au Pays Basque, entre février 2019 et mai 2020.

    Ce spectacle porté par une vingtaine de jeunes devait être créé au festival Mai du Théâtre d’Hendaye et diffusé en mai et juin 2020 sur plusieurs festivals professionnels ainsi que dans les établissements scolaires partenaires.

    Convoquer des jeunes de différents horizons, mettre en lien ces jeunes en questionnant leurs identités, leurs communautés de pensées et leurs différences de points de vue sur le monde, selon qu’ils vivent en milieu rural, sur la côte ou en milieu urbain, c’est irriguer un territoire et apporter notre petite pierre à l’édifice du vivre ensemble.

    Le but n’étant pas de brosser le portrait de cette jeunesse mais plutôt d’être à l’écoute de ce qu’il est nécessaire que nous, adultes, parents, profs, éducateurs, élus, entendions d’eux.

    À travers des résidences d’immersion dans quatre établissements scolaires partenaires, à l’aide de divers jeux et outils d’enquête, nous nous sommes donné comme objectif de collecter un maximum de paroles d’élèves.

    Nous voulions comprendre ce que c’est qu’être adolescent aujourd’hui. Ce que c’est que de grandir dans notre société.

    Nous souhaitions par ce “carottage de terrain” obtenir un indicateur de ressentis, d’humeurs, d’attentes et de besoins de ce petit échantillon de population. Nous arrivions avec nos pré-supposés d’adultes. À savoir que ces adolescents auraient (bien à raison) des griefs à nous adresser sur le monde dans lequel ils grandissent.
    Or, si une poignée d’entre-eux n’a effectivement pas manqué de nous remettre face à nos responsabilités, d’autres restent plutôt optimistes et confiants. Certains en revanche, assez nombreux, n’ont su quoi répondre aux notions de “rêves”, d’“utopies”, d’ “idéaux”.
    Rattrapés par un principe de réalité et par la prégnance du délitement social, économique et écologique ambiant, sans doute. Ne sachant pas toujours comment se sentir exister.

  • C’est quoi ton rêve le plus fou ?

    Lors d’entretiens confidentiels, à la question C’est quoi ton rêve le plus fou ? certains se sont limités à des souhaits raisonnables, pondérés, plausibles, timides. Comme si nous étions à une époque où s’autoriser à rêver “en grand” ouvrait immédiatement la porte à la désillusion.
    La question de leur capacité à rêver sans auto-censure et à se projeter est au centre de notre préoccupation. Notre capacité à mobiliser la notion de “rêve” en eux, le temps d’une réalisation théâtrale, un pari.

     

    Écriture et flow

    Nous avons eu le temps de partager leurs goûts musicaux, d’écouter les poètes qui les portent, loin des autoroutes commerciales : slameurs-rappeurs, artistes chanteurs dont les mots ont du sens. Dont la poésie fait du bien. Ils nous ont donné l’envie de les écouter, et nous ont inspiré l’idée de collaborer avec l’un d’entre eux.
    À partir du collectage de leurs paroles, nous avons donc proposé à Souleymane Diamanka, poète de l’oralité et artiste reconnu de la scène Slam, d’intervenir sous forme d’ateliers puis de co-écrire à partir d’eux et avec nous le texte de ce spectacle.
    La mise en bouche de ce texte a été confiée à Maialen Errotabehere, artiste de scène, chanteuse et cheffe de chœur.

    L’idée de ce texte était de mettre en jeu un chœur d’adolescents, dans l’espace public, pour une partition parlée-chantée, chorale et physique, comme un élan, un unisson. Comme on viendrait porter dans la rue, un chant commun, un cri salutaire, un coup de gueule qui ait du flow, un poème fleuve qui pourrait être “le monde vécu de mes 15 ans”.

    Dans sa forme finale, il se conjugue volontairement à la 1ère personne du singulier.
    Non pas pour dire qu’on pense tous pareil. Mais davantage pour accueillir la réalité de l’autre, quand bien même elle diffère de la sienne propre et se mettre en solidarité avec.

  • Résidences de collectage

    Février 2019 – novembre 2019
    3 semaines d’immersion dans 2 villes et 4 établissements
    St Jean de Luz : Collège Chantaco et Lycée Ramiro Arrue
    St Jean Pied de Port : Collège La Citadelle et Lycée de Navarre.
    2 classes de 4ème générale et 1 classe de 4ème SEGPA
    1 classe de 2nde pro et 1 classe de 2nde générale.

    Ateliers

    Lors de ces semaines de résidence, différents ateliers sur des demies-journées banalisées ont été menés : ateliers d’écriture avec Souleymane Diamanka, ateliers voix/chœur avec Maialen Errotabehere et ateliers théâtres avec les comédiens du Petit Théâtre de Pain.

    Collectage

    Au-delà des temps d’ateliers banalisés, les semaines de résidence d’infusion ont été parsemées de dispositifs suffisamment ludiques, attractifs et confidentiels afin de collecter leurs paroles, leurs humeurs, leurs émotions, réflexions et pensées. Il était entendu que nous n’attendions pas de bonnes réponses, sinon leur plus libre expression sur les sujets, accroches artistiques ou thématiques proposées. Que nous attendions aussi qu’ils nous aiguillent sur les questions de fond, de sens, qu’ils aimeraient qu’on leur pose et qu’on ne leur pose jamais.
    À la fin de la dernière immersion, il nous a fallu, au sein de chaque établissement, affiner l’effectif : préciser l’envie, la disponibilité et l’implication de chacun au regard du calendrier de création futur. Évaluer et s’accorder sur l’engagement dont il allait s’agir en terme de présence sur les répétitions et ce, en dehors des temps scolaires et sur des week-end notamment.
    À l’issue de quoi une vingtaine d’élèves avaient manifesté le désir de devenir interprètes du spectacle, en respectant ce contrat moral d’engagement.

    Répétitions

    De février à mai 2020, 15 jours de répétitions du spectacle étaient prévus.

    Déclaration du confinement : comment on continue ?

    Malheureusement, dès le premier jour de travail collectif, l’annonce d’un confinement à durée indéterminée stoppe nos répétitions. Nous nous quittons précipitamment, à mi-chemin entre la stupeur et la frustration.
    Au fur et à mesure que le virus progresse, les regroupements et manifestations s’annulent. Exit toute chance de poursuivre les répétitions et de voir aboutir le spectacle aux dates envisagées.

    “Battre le fer tant qu’il est chaud”, voilà ce que nous nous sommes immédiatement formulé. Ne pas laisser s’émousser la lame du désir.
    Inventer autre chose.
    Pas facile de reconvoquer notre petit monde dans ces temps confinés. Pourtant un joli nombre d’entre eux a répondu à l’appel. Ainsi, pendant tout le confinement, nous avons renforçé le lien avec ces jeunes-là et avons poursuivi les répétitions de notre poème fleuve et ce, de façon hebdomadaire via les salles de conférences virtuelles.
    Nous sommes finalement restés en contact avec 12 d’entre eux.

    “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” dit la citation scientifique. De même notre projet a muté et s’est décliné en deux objets artistiques : un journal de création, et la réalisation du clip “Z”.

    Une projection publique du clip au cinéma de l’Atalante à Bayonne était organisée en novembre 2020, accompagnée d’un échange avec l’équipe et les jeunes, suivi, de la projection de l’avant première du film Gagarine, traitant de la jeunesse.
    Le second confinement nous empêche encore de clôturer le projet. 

  • Avec : Antoine Belle, Lauréa Berrieix, Ecaterina Berzoi, Julien de Lima, Lalo Kaiser Chassard, Tristan Laffont Saint-Jean, Manon Lalanne-Hervé, Yanis Larramendy, Madison Mellet, Suzie Mure d’Alexis, Alban Tregoat, Charline Valette.
    Texte du projet « Z » : Souleymane Diamanka et Fafiole Palassio.
    Musique : N’to – Trauma (Worakls Remix)

    Tournage

    Réalisation : Marcell Erdélyi / Panarama Studio Audiovisual / Bilbao
    Montage images : Marcell Erdélyi
    Montage son : Peio Sarhy
    Écriture et direction d’acteurs : Fafiole Palassio, Hélène Hervé et Guillaume Méziat
    Intervenant mouvement : Philippe Ducou
    Intervenante chant : Maialen Errotabehere
    Photographe de plateau : Guillaume Méziat
    Régisseur son : Peio Sarhy
    Régisseur lumière : Josep Duhau
    Scripte et production : Elise Robert-Loudette
    Production : Elorri Etcheverry et Katti Biscay
    Collectages, ateliers et mise en lien : Cathy Coffignal, Eric Destout, Hélène Hervé, Guillaume Méziat, Fafiole Palassio, Tof Sanchez et Agnès Yobregat.
    Coordination projet « Z » : Katti Biscay et Hélène Hervé
    Rédaction : Fafiole Palassio

    Crédits photos : Le Petit Théâtre de Pain / Guillaume Méziat Guillaume Méziat, Marianne Etcheverry, Fafiole Palassio, Katti Biscay

    Remerciements : BTS audiovisuel Bayonne-Biarritz ; collège Chantaco et lycée des métiers Côte Basque Ramiro Arrue, Saint-Jean-de-Luz ; collège La Citadelle et lycée de Navarre Saint-Jean- Pied-de-Port ; la section Bac Pro Technicien Menuiserie Agencement du lycée de Navarre Saint-Jean-Pied-de-Port; Visant.

  • Spectacle créé avec le soutien de :

    La Communauté d’Agglomération Pays Basque dans le cadre des programmes Kultura Bidean – Art, enfance, jeunesse et Fabrique Artistique Hameka ;
    Le Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques, Appel à Projet Innovation Sociale,
    Le Rectorat – Délégation Académique aux Arts et à la Culture (DAAC), résidences d’artistes en milieu scolaire,
    La DRAC Nouvelle-Aquitaine – éducation artistique et culturelle,
    La Région Nouvelle-Aquitaine, Actions Éducatives Nouvelle-Aquitane, Résidences d’artistes.

    Le Petit Théâtre de Pain est conventionné par la DRAC Nouvelle Aquitaine, la Région Nouvelle Aquitaine, le Département Pyrénées-Atlantiques, la Communauté d’Agglomération Pays Basque et accompagné par l’OARA.
    Le Petit Théâtre de Pain est artiste associé en résidence permanente à Hameka – Fabrique des Arts de la Rue et du théâtre en basque (64).

     

Tournage Clip – Juin 2020 – Louhossoa

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Répétitions – Mars 2020 – Louhossoa

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Crédits photos : Guillaume Méziat