MU.e

De Magali Mougel
Mise en scène Fafiole Palassio
Création en salle 6 octobre 2021 – Théâtre de Gascogne – Sc. Conventionnée de Mont-de-Marsan

  • Présentation du projet MU.e lors du ” Zoom live” organisé par le CNAREP Sur le Pont à La Rochelle le 5 juin 2020. Un grand merci à Anne Le Goff et Fabien Bergès pour leurs témoignages !

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    « C’est douloureux de voir génération après génération, ces jeunes, comme des vagues pleines de vie, venir se heurter à des institutions qui trop souvent organisent et perpétuent les trahisons »

    Françoise Dolto “Paroles pour Adolescents” (Le complexe du Homard)

    Nourris de “Z”, création partagée menée avec des adolescents et inspirés par les mouvements de jeunes qui émaillent notre actualité, MU.e, est l’aboutissement de notre réflexion en trois ans sur la thématique “parole et jeunesse”.

    MU.e est à la fois l’ancienne peau dont on se déleste et le fait d’être déplacé.
    En constatant la rapidité de plus en plus accrue avec laquelle nos jeunes se confrontent à la violence du monde, monde où l’avenir de certains adultes est un lendemain qui se re-questionne chaque jour,
    à l’heure où des parents défaits errent dans des recherches éperdues de survie et d’amour pour leur deuxième moitié de vie,
    où les injonctions de réussite pleuvent de toute part,
    où les rôles parents / enfants s’inversent parfois tant et si bien qu’on ne sait plus qui de l’adulte ou de l’enfant élève l’autre,
    sans culpabilisation ni complaisance, nous aimerions traverser les questions de la transmission et de la responsabilité, s’agissant tant de l’individu que de la société.

    Ce spectacle est écrit par Magali Mougel, mis en scène par Fafiole Palassio et porté par les acteurs de la troupe.

    Une situation de départ

    Des adolescents se mettent à disparaître sans laisser de trace.
    D’abord sporadique, le phénomène se propage. Enlèvements ? Réseaux sordides ? Enrôlement ?
    Aucune piste n’est écartée mais chacune s’avère caduque. L’enquête piétine et les autorités s’essoufflent jusqu’à s’en détourner.
    Dans l’intimité des cellules familiales, les parents livrés à eux-même se mobilisent, se retrouvent, cherchent. Des questions fusent et des hypothèses s’élaborent.
    Et si ces jeunes étaient partis de leur plein gré ? Une fugue de masse ? Mais pour quelles raisons ? Et dans quel but ?
    Des tensions naissent et des comptes se règlent, des introspections s’esquissent et
    des prises de conscience s’opèrent.
    Nourri par des sous intrigues qui s’échafaudent, un scénario peu à peu se tisse. Vraie ou fausse piste ? Et si l’issue était tout autre ? Moins dramatique qu’initialement pressentie ?
    Et si la dystopie laissait finalement place à l’utopie ?

  • Dans la continuité des productions précédentes, nous travaillerons en collaboration très étroite avec un auteur pour l’écriture du projet. Et ce sera en l’occurrence une autrice en la personne de Magali Mougel.

    Il n’est pas rare que l’écriture de Magali Mougel parte d’une étude de terrain pour offrir des fictions documentées (Shell Shock, Erwin Motor, dévotion, S’Engager). Elle porte aussi une attention au public adolescent notamment autour des questions du rêve et de la désillusion (The Lulu Projekt). La poétique de ses textes, à la fois rugueuse et ouvragée, raconte les recoins troubles de l’humanité, échappe à toute bien-pensance : c’est ce qui nous a plu.

    Lors de notre 1ère rencontre, nous avons parlé à bride abattue de ce qui animait ce projet. De ce qui NOUS animait. Comment questionner nos rôles et nos devoirs d’adultes envers une jeunesse en perte de repères et d’idéaux. Contre les dystopies latentes et vraisemblables, quelles formes d’utopies tout aussi tangibles élever pour ré enchanter le fait d’être vivant ?

    Nous avons entre autres évoqué un choc de lecture, celui du roman Les Furtifs d’Alain Damasio. Aucun d’entre nous ne peut affirmer à ce stade que les concepts du maître de l’anticipation transpireront dans l’écriture chirurgicale de Magali. Mais aucun ne s’est interdit d’imaginer une épopée profondément intime dans une société où techno-cocon et privatisation à tout crin, joueraient en filigrane de leurs emprises sur notre existence.

    Magali Mougel

    «  Il y a le monde tel qu’il est. Il y a le monde tel qu’on voudrait qu’il soit. Et il y a le monde dont on ne veut pas. Ce qui noue ces trois espaces-temps, c’est le rêve et la peur. De ce qui est à venir. Le rêve et la peur. Engendrant méfiance et désir de rupture avec le monde tel qu’il est donné. Avec MU·E,  je voudrais pouvoir raconter ce que de capacités les jeunes générations d’aujourd’hui pourraient avoir comme outil pour reconfigurer le monde dans la conscience que tout peut s’effondrer mais, fort de cette conviction qu’en rompant les modèles économiques dominants oppressifs, il est possible d’inventer de nouveaux récits et, peut-être, une autre façon d’être au monde. »

    Magali Mougel est originaire des Vosges, région dans laquelle elle vit actuellement. Après des études à l’Ensatt à Lyon, elle enseigne l’Histoire du théâtre à l’Université de Strasbourg et est rédactrice pour le Théâtre national de Strasbourg. En 2015, elle choisit de se consacrer pleinement à l’écriture de textes dramatiques aussi bien
    pour la jeunesse que pour les publics adultes.

    Elle a écrit, entre autres, Guérillères ordinaires (Ed. Espaces 34) mis en scène par Anne Bisang au POCHE/GVE à Genève en 2015 ; Elle pas Princesse, Lui pas Héros (Ed. Actes Sud/Heyoka), mis en scène par Johanny Bert au CDN de Sartrouville en 2016 et à New York en 2019 (traduction de Chris Campbell) ; Suzy Storck (Éd. Espaces 34) mis en scène par Jean Pierre Baro au Gate Theatre à Londres (traduction de Chris Campbell), et par Simon Delétang au Théâtre du Peuple à Bussang en 2019 ; Penthy sur la bande (Ed. Espaces 34) mis en scène par Renzo Martinelli en 2019 au Théâtre I à Milan (traduction de Silvia Accardi).

    Elle met en place et anime régulièrement des projets de territoire.
    On retient notamment Les Écritures Buissonnières, projet mené de 2014 à 2017 avec l’équipe du CDN de Colmar et des élèves de 6 classes de primaires, de 6 classes de collèges et de 6 classes de lycées. En 2017/2018, alors qu’elle est associée aux Scènes du Jura – Scène nationale, elle mène un travail de rencontres et de collectage
    entre Dole et Lons-le-Saunier auprès d’une centaine de femmes de toutes générations ; elle écrit Non(s) qu’elle met en scène en 2018.

    Depuis 2017, elle est accompagnée par Culture Commune – Scène Nationale du Bassin Minier du Pas de Calais à Loos-en-Gohelle pour l’écriture de son texte LICHENS, qui prend sa source après une année d’immersion entre Loos / Lens et Liévin en collaboration étroite avec Cyril Blondel, géographe et chercheur attaché à l’Université du Luxembourg.

    Au delà de sa collaboration avec des théâtres et des territoires, Magali Mougel écrit et intervient en tant que dramaturge auprès de compagnies de théâtre et de danse.
    Notamment depuis 2015 elle a collaboré avec L’Exalté / Cie Baptiste Guiton pour qui elle écrit Cœur d’Acier, la Cie Talon Rouge / Catherine Javaloyès pour qui elle écrit Hippolyte, La Brèche / Cie Aurélie Gandit pour qui elle écrit les textes de Perchée dans les arbres, La Soupe Compagnie pour la création de Je hurle.
    Pour les saisons 2019/2020, elle écrit pour La Loba / Cie Annabelle Sergent le texte du spectacle Shell Shock portant sur la photographie de guerre ; elle entame à nouveau une collaboration étroite avec Johanny Bert pour l’écriture d’un spectacle intitulé Frissons, spectacle mêlant danse et univers sonore à destination du très jeune public (4 ans) pour le Festival Odyssées en Yvelines ; après 6 mois d’entretiens avec des personnes âgées atteintes de trouble de la mémoire, elle écrit un long récit épique et poétique intitulé Les Belles de Nuit pour la Cie 7ème Ciel / Marie Provence.

  • Comment traiter théâtralement la jeunesse ?

    Dans MU.e, comment allons-nous mettre en scène « la jeunesse » sachant que nous sommes déjà 7 acteurs au plateau mais 7 acteurs dans l’âge mûr ?
    Comment traiter théâtralement la jeunesse ?
    Il y a plusieurs pistes à cette réflexion.

    La première est de mettre à profit la partition chorale de “Z” préfigurant MU.e, comme un contre-chant au-dessus de l’intrigue.
    Entendons par contre-chant, cette technique de composition qui consiste à superposer plusieurs lignes mélodiques vocales ; chacune d’elles étant composée à partir des harmonies du thème principal, et l’accompagnant.

    Ainsi l’intrigue ferait office de thème principal et la partition chorale de contre- chant. Soit la voix fantomatique de cette jeunesse disparue. Les protagonistes ne l’entendraient pas mais elle n’échapperait pas aux spectateurs.

    Ce contrechant aurait pour but de faire de la jeunesse un personnage principal en creux. Invisible, inaudible, poétique, et pourtant clef de compréhension de l’intrigue pour le spectateur.

    En parallèle nous avons convié dans la distribution de la pièce un tout jeune acteur qui pourrait incarner cette expression fantomatique. Au-delà des besoins de la pièce, cette démarche nous permet de concrétiser un désir de formation et de transmission par ailleurs déjà à l’œuvre via les actions de médiations menées autour de nos projets de création.

    Enfin, et cette option n’annule pas le reste, une dernière piste envisage d’inviter un groupe de jeunes gens issus du territoire de chaque représentation, qui au cas par cas, interpréteront le chœur des disparus. Cette option fera l’objet d’un travail de sensibilisation en amont de la représentation. Il pourra s’agir d’un travail purement visuel, imagé ou d’intégration d’une partie du contre-chant choral précité.

    Scénographie et espace public

    Chaque création est l’occasion de rechercher la forme et le rapport les plus justes pour amener les spectateurs à soi et à l’univers de la pièce.
    MU.e nous plonge plus particulièrement dans cette réflexion car plus que pour les pièces précédentes, il ne s’agira pas d’exporter la version salle en extérieur mais bel et bien de recréer la pièce en s’appuyant sur la spécificité des lieux choisis pour y jouer.

    Dans l’espace public, nous chercherons plutôt à affûter et mettre en exergue notre rapport à l’intrigue et travaillerons sur une circulation du public, d’un point à un autre sur l’aire de jeu définie.

    En effet, pour cette version de MU.e l’intuition du déplacement s’est imposée.
    Le titre Mu.e indique autant le fait de changer de peau que celui de se mouvoir. Or dans un cas comme dans l’autre il y est question d’être « déplacé ».
    Physiquement mais aussi de façon introspective.
    Dans « enquête » il y a « quête » : ici, au sens du cheminement intérieur.
    Les différents plans de lectures entre fiction et réalité si bien intriqués pour la salle, se déploieront en autant de stations en extérieur, parmi lesquelles il nous faudra cheminer pour arriver au bout de l’intrigue et de l’histoire.

    Il faut imaginer pour cela par exemple, une grande esplanade offrant des lignes de fuites et des focus différents selon où on choisira d’orienter le regard du spectateur. Ici un bâtiment, un peu plus loin quelques arbres, là-bas un mur tagué et plus loin encore un bout du port…
    Chaque zone serait le théâtre d’une station et d’une situation différentes, dans lesquelles le public ne serait pas que public mais à son insu partie prenante de la situation qui s’y déroule.
    Liant les stations les unes aux autres la rue, elle, jouera son propre rôle : à savoir celui de l’espace traversant, collectif, l’espace du rassemblement, de la rencontre…
    Les stations des espaces intimes seront elles serties dans des appendices architecturaux complètement translucides accolés aux façades environnantes ou surgis du sol. On y recréera des décors de la vie privée dans lesquels évoluent les protagonistes : une chambre, un bureau, une salle de réception… Comme si les spectateurs devenaient les témoins indiscrets de ce qui s’y raconte. 

  • 2020

    > 18 – 31 octobre 2020
    Espace Culturel des Corbières – CC Région Lézignanaise, Corbières et Minervois (11)
    > 14 – 18 décembre 2020
    Lacaze aux Sottises (64), Centre expérimental des arts de la rue et du cirque, Orion (64)

    2021

    > 10 – 22 janvier 2021
    Le Sillon, Scène Conventionnée à Clermont l’Hérault (34)
    > 07 – 21 février 2021
    L’Odyssée, Scène Conventionnée à Périgueux (24)
    > 07 – 20 mars 2021
    l’Usine CNAREP, Tournefeuille / Toulouse Métropole (31)
    > 10 – 21 mai 2021
    Hameka – Fabrique des Arts de la Rue – Communauté Pays Basque (64)
    > 05 – 18 juillet 2021
    La Palène, Rouillac (16)
    > 12 – 29 septembre 2021
    Hameka – Fabrique des Arts de la Rue – Communauté Pays Basque (64)
    > 30 septembre – 04 octobre 2021
    Théâtre de Gascogne, scènes de Mont-de-Marsan, scène conventionnée d’Intérêt National (40)

    > 06 octobre 2021
    Création de “MU.e” en salle au Théâtre de Gascogne Scène conventionnée d’Intérêt National

    2022

    >21 – 26 février 2022
    Théâtre Le Liburnia – Libourne (33)

    >28 mars – 09 avril 2022
    Atelier 231 – CNAREP Sotteville-Lès-Rouen (76)

    >02 – 14 mai 2022
    Sur Le Pont CNAREP Nouvelle Aquitaine – La Rochelle (17)

    > Fin mai, début juin 2022
    Création de “MU.e” en espace public

  • MU.e est soutenu et coproduit par :

    > Communauté d’Agglomération Pays Basque, dans le cadre des programmes Kultura Bidean – Art, enfance, jeunesse et Atelier de Fabrique Artistique Hameka (64)
    > Scène Nationale du Sud-Aquitain – Bayonne, Anglet, Boucau, St Jean de Luz (64)
    > Lacaze aux Sottises, Centre Expérimental des arts de la rue et du cirque, Orion (64)
    > Théâtre de Gascogne, Scène Conventionnée à Mont de Marsan (40)
    > OARA, Office Artistique de la Région Nouvelle Aquitaine
    > L’Odyssée, Scène Conventionnée à Périgueux (24)
    > Théâtre Ducourneau – Scène Conventionnée à Agen (47)
    > La Palène à Rouillac (16)
    > Réseau des Fabriques RéUniES – Nouvelle Aquitaine
    > Sur le Pont, CNAREP en Nouvelle Aquitaine, La Rochelle (17)
    > Théâtre Le Liburnia, Libourne (33)
    > Association CREA, St Georges de Didonne (17)
    > Atelier 231, CNAREP à Sotteville lès Rouen (76)
    > Juliobona, Lillebonne (76)
    > Le Sillon, Scène Conventionnée à Clermont l’Hérault (34)
    > l’Usine, CNAREP, Tournefeuille / Toulouse Métropole (31)
    > Espace Culturel des Corbières, CC Région Lézignanaise Corbières Minervois (11)
    > Centre Culturel Aragon Triolet, Orly (94)
    > Quelques p’Arts – CNAREP Boulieu-Lès-Annonay (07)

    Coproducteurs

  • Mise en scène : Fafiole Palassio
    Écriture : Magali Mougel
    Acteurs : Mariya Aneva, Cathy Coffignal, Éric Destout, Hélène Hervé, Louis Le Gall, Guillaume Méziat, Jérôme Petitjean et Tof Sanchez
    Régie générale : Josep Duhau
    Scénographie et création lumière : Josep Duhau
    Régie son : Peio Sarhy
    Création musicale : Patrick Ingueneau
    Regard sur le mouvement : Philippe Ducou
    Costumes : Céline Perrigon
    Oreille externe : Philou Barandiaran
    Photos : Guillaume Méziat
    Vidéo – teaser : Marcell Erdélyi – Panarama Studio Audiovisual
    Production, administration : Katti Biscay, Elorri Etcheverry, Elise Robert-Loudette
    Remerciements : Laure Descamps, Nell Lopes, Nathan Poulvelarie

Dossier du spectacle

Crédit photos Guillaume Méziat – résidences janvier et février 2021

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